Directeur général de transition : qui le fait venir, et ce qu'il change en 100 jours
Un directeur général de transition prend la tête de l'entreprise pour une durée convenue, avec les pouvoirs qui vont avec. Ce n'est pas un conseiller du dirigeant : c'est le dirigeant, provisoirement.
Qui le fait venir
Rarement le dirigeant lui-même. Dans la plupart des cas, la demande vient de l'une de ces trois situations.
L'actionnaire ou le fonds
Les résultats décrochent, le management en place n'y arrive plus, et l'actionnaire veut quelqu'un qui rende compte directement. La mission est alors explicitement un redressement, avec des jalons chiffrés.
La famille, dans une entreprise familiale
Succession non préparée, décès, maladie, ou désaccord entre héritiers. Un dirigeant extérieur et temporaire permet de tenir l'entreprise pendant que la question de la propriété se règle — deux problèmes qu'il vaut mieux ne pas traiter en même temps.
Le repreneur
Quelqu'un qui vient de racheter et qui découvre que l'affaire n'est pas celle qu'il croyait. C'est fréquent : nos chiffres sur 241 935 repreneurs montrent qu'un repreneur est environ cinq fois plus exposé à une procédure collective qu'une création, et que le risque monte depuis 2020.
Les 100 premiers jours
| Période | Ce qui se joue |
|---|---|
| Jours 1-15 | Comprendre d'où vient l'argent et où il part. Rencontrer les dix personnes qui font tourner la maison — pas l'organigramme, les vraies. Repérer ce qui est irréversible dans les trois mois. |
| Jours 15-30 | Les décisions qui ne coûtent rien à prendre et qui débloquent : un arbitrage qui traînait, un client qu'on n'osait plus appeler, une dépense qu'on n'osait plus arrêter. |
| Jours 30-60 | Le plan, écrit, chiffré, avec des dates. Présenté à l'actionnaire et à l'encadrement, dans cet ordre. |
| Jours 60-100 | Exécution de la partie la plus dure. C'est le moment où un dirigeant de passage sert à quelque chose : il peut faire ce qu'un dirigeant permanent paierait pendant des années. |
Ce qui fait échouer ces missions
- Des pouvoirs ambigus. Si l'ancien dirigeant reste dans les murs avec un titre flou, l'entreprise saura très vite qui écouter — et ce ne sera pas celui qui part dans huit mois.
- Un mandat non écrit. Ce qu'il peut signer seul, ce qui remonte à l'actionnaire, et à partir de quel montant : décidé avant l'arrivée, pas au premier désaccord.
- Un objectif qui change tous les deux mois. C'est le symptôme d'un actionnaire qui n'a pas tranché. Aucun dirigeant, permanent ou non, ne compense cela.
- Pas de successeur identifié au sixième mois. La sortie se prépare dès le début. Sinon la mission se prolonge, le provisoire devient la règle, et le coût n'a plus de sens.
Durée et coût
Une direction générale de transition dure le plus souvent huit à douze mois : c'est le temps qu'il faut pour qu'un plan produise des chiffres. Le taux journalier se situe généralement entre 1 200 et 2 000 € en PME, plus la marge du cabinet s'il y en a un.
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